vendredi, 22 janvier 2010

Ultra Emmanuelle (bis)

Emmanuelle Seigner.jpg

Ce matin, sur France Inter, Bruno Duvic  a consacré une bonne partie de sa revue de presse au magazine ELLE. D'une part, à l'occasion des Etats généraux de la femme que (re)lance le magazine. D'autre part, parce qu'Emmanuelle Seigner - photographiée par Jan Welters, elle pose en couv', en chemise blanche ultrasimple Paul & Joe et jean The Kooples - s'y exprime pour la première fois depuis l'arrestation en Suisse de Roman Polanski.

L'actualité d'Emmanuelle Seigner, c'est son nouveau disque, dont la promo a été retardée plusieurs semaines. Le précédent, réalisé avec Ultraorange, j'avais eu envie de l'écouter, prête à ricaner d'une actrice, encore une, qui ne trouvait rien de mieux à faire que de se prendre pour une chanteuse, et j'avais été bien attrapée, parce que ce disque, je l'avais adoré. J'avais d'ailleurs battu ma coulpe ici, c'est l'un des plus anciens billets de ce blog.

Difficile pour Emmanuelle Seigner de ne parler que de musique. Dans cette longue interview menée par Valérie Toranian et Florence Trédez, elle fait part de la manière dont elle a traversé ces dernières semaines, avec ses enfants. Sans verser dans le pathos ni la complaisance. Dignement. Reste qu'"avoir des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans, c'est extrêmement choquant. Vous comprenez que les gens, et notamment beaucoup de femmes, aient été choqués ?" lui demande-t-on.


"Que des femmes, des mères de famille aient été choquées, je le comprends parfaitement. Je pense aussi qu'à l'époque, les gens ne vivaient pas et ne réagissaient pas de la même manière. C'était une époque de folies. Le rapport à la drogue n'était pas le même. Le rapport à la liberté sexuelle ou à la permissivité non plus. Aujourd'hui, l'opinion a considérablement évolué sur ces sujets-là. Mais mon mari ne s'est jamais cru au-dessus des lois" répond-elle.

la_petite.jpg

Il y a quelques semaines, pour la première fois, j'ai visionné La Petite de Louis Malle. Ce film, Pretty Baby pour le titre original, est sorti en 1978. Depuis cette date, j'avais envie de le voir. J'étais, à sa sortie, à peine plus âgée que son héroïne. Et déjà suffisamment cinéphile pour savoir que Louis Malle, comme Roman Polanski, était un grand cinéaste. En 1917, mettre aux enchère la virginité d'une gamine à peine pubère, fille de prostituée et vivant avec elle au bordel ne choquait sans doute pas grand monde. Sous-humanité que "ces femmes-là" pensait-on alors. Pas sûr que les choses soient si différentes aujourd'hui. Mais au moins les Violet sont-elles désormais prises en charge par les services sociaux.

scandale-photo-brooke-shield.jpg

Cet été, alors même que retentissait et rebondissait l'affaire Polanski, une photo de Brooke Shield à 10 ans, réalisée trois ans avant le tournage du film de Louis Malle, a été interdite d'exposition au Tate Modern de Londres.

Cette photo avait été exposée dans le passé sans que quiconque y trouve à redire.

Cette photo est ambigue.

Cette photo dérange.

Cette photo est une oeuvre artistique.

Il ne serait peut-être plus possible de réaliser une telle photo aujourd'hui, encore moins de l'exposer, sans créer le débat, pardon, le buzz. Le contexte a changé. Comme l'exprime Emmanuelle Seigner dans l'interview accordée à ELLE, on ne vit plus au coeur de l'utopie des 70's et le rapport à la permissivité et à la liberté sexuelle n'est plus ce qu'il était. Tant mieux peut-être pour les filles de 13 ans.

Cela étant, on peut sans problème aller chez le marchand de journaux acheter son ELLE avec son môme de 4 ans. S'il lève à peine la tête,  il se prendra une avalanche d'images mettant en scène des égéries pesant au moins trois kilos de silicone dans chaque sein.

Au moins ces dernières ne laissent-elles planer aucune ambiguité quant aux contradictions et aux hypocrisies dont notre société est abreuvée.

EDIT : je viens de modérer les commentaires, ce que je ne fais pas habituellement, mais j'ai aussi une vraie vie à côté de mon blog et ne vais pas camper devant l'écran pour prévenir tout dérapage. L'objet de ce billet n'est pas de prendre la défense de Roman Polanski, qui a bien assez d'avocats pour s'en charger et dont je n'ai d'ailleurs nullement écrit qu'il n'était pas condamnable. Pas besoin, donc, de faire son procès (ni le mien !) dans les comm's. Disons simplement que je me méfie des jugements à l'emporte-pièce, les choses sont souvent plus complexes qu'il y paraît. Contrairement à Sarah, je n'ai, pour ma part, jamais apprécié Lemon Incest. Pourtant je trouverais dommage que Gainsbourg n'aie pas pu l'écrire. Je n'ose imaginer ce qui se passerait si ce titre sortait en cette année 2010...

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Commentaires

aïe.
Qu'on soit dans les années 70, 80, 90 ou 2000, je ne vois pas comment on peut cautionner le viol d'une fillette de 13 ans. Je respecte beaucoup le travail de Polanski, ce mec est doué, indéniablement, mais le viol d'une fillette, quand même...
Si on part comme ça, on peut tout excuser sous prétexte qu'à l'époque, "ça se faisait...". Tu vois pas le danger, un peu?
Quant à cette photo de Brooke Shields, je vois pas en quoi c'est une oeuvre d'art, d'ailleurs, on sait même pas qui l'a prise, le côté artistique, je m'en fous un peu, je vois juste une fillette photographiée comme un objet sexuel et ça me file la gerbe...
Alors oui, c'était un autre temps, les mentalités ont changé... si tu veux...

Écrit par : benetie | vendredi, 22 janvier 2010

cette photo avait été à l'originie de la grosse dispute entre Brooke et sa mère, une fois que l'actrice, devenue assez adulte pour avoir du recul sur cette photo, était devenue furieuse contre sa mère d'en avoir authorisé la publication.

Écrit par : minisushi | vendredi, 22 janvier 2010

@Bénétie & Minisushi : ni Emmanuelle Seigner ni moi ne cautionnons le viol des filles de 13 ans, où l'ai-je écrit ? Il se trouve que je suis assez vieille pour me souvenir de l'ambiance des seventies. Le malentendu est du même ordre, à mon sens, que celui qui a opposé Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou lors des dernières européennes. Il y a eu pas mal d'excès, suite à l'épisode 68. C'est aujourd'hui, qu'on voit ces dérapages comme des excès. N'empêche que dans le contexte, il y avait les libéraux qui allaient trop loin, et tous les autres considérés par les premiers comme des réacs. Parler de Polanski ou de Cohn-Bendit sans replacer les choses dans ce contexte, c'est à l'image de notre époque, qui a une furieuse tendance à surfer sur l'écume des choses sans jamais rien approfondir. Ce qui choque aujourd'hui ne choquait pas hier, ce qui choque ici ne choque pas là-bas, et vice-versa.
Quant à l'art, il est par nature subversif. Sinon, c'est pas de l'art, c'est un robinet d'eau tiède académique. Que cette photo paraisse gerbante, on peut en discuter à loisir, mais elle n'est pas forcément plus "gerbante" que la démarche d'une Orlan, son rapport au corps et à la chirurgie/mutilation. L'art est là pour interroger et cette photo interroge.
Y compris dans le rapport à la célébrité et à la marchandisation, à l'image de la mère de Brooke Shield qui tirait les ficelles. Il y a un moment que je voulais écrire ce billet et j'étais à peu près sûre de n'être pas comprise. Je ne crois pas que Louis Malle pourrait faire ce film aujourd'hui. Et je ne parviens pas à considérer que ce soit un progrès. Je ne cautionne pas le viol des filles de 13 ans, non. Mais les excès de notre époque, politiquement correct à tout-va et bien pensance, liés à une marchandisation des corps effrénée dont les étals des vendeurs de presse sont un vivant exemple, ne me paraissent pas meilleurs que ceux d'hier.

Écrit par : frieda l'écuyère | vendredi, 22 janvier 2010

Ah ! Fri ! On en a parlé toutes les deux de Miterrand, de Polanski... tu connais mon point de vue. Il est réactif comme celui de Béné. Mais... je suis toujours entre deux-eaux. L'autre soir alors, que j'avais un oeil vague sur un reportage de Gaisnbourg, j'ai trevu le clip de LEmon Incest, J'étais super mal à l'aise, vraiment... J'adorais cette chanson, mon oncle m'avait offert le cd car mes parents me l'avaient refusé et traitaient SG de pervers... Selon moi ils étaient coincés et ne comprenaient rien. Aujourd'hui, maman, j'ai compris en quoi ce clip pouvait déranger... mais... SG n'était pas un pédo, loin de là: Quand il dit ce qu'il pensait de sa fille, ça fait bizarre mais comme tu dis, autre temps. Hier d'aillerus sur mon bilelt, je parlais de ça, légèrement, de cette époque plus libertaire, tellement plus jouissive ! En contre partie du trop politiquement correct d'aujourd'hui.
Cette photo de BS est trop dérangeante, tu parles d'art contemporain, celui qui aime la provocation... J'adore la provocation, beaucoup ! Mais pas quand il s'agit des enfants....

Et je terminerai ce long comm, les temps ont changé, auj mon père a soutenu Polanski (pas son geste) et trouve que la Suisse a eu un comportement ignoble. tout change !

Je me réjousi de venir lire la suite des comms... Mais c'est un long débat... que tu lances le week end :-)

Écrit par : sarah babille | vendredi, 22 janvier 2010

Emmanuelle Seigner est une très belle et envoûtante actrice (et chanteuse), et elle défend bien naturellement son mari, on peut le comprendre... Cependant Polanski a fui pour échapper au verdict final, si j'ai bien compris, et je ne vois pas quelle excuse on peut lui trouver, même 30 ans après... Enfin, même si les moeurs ont un peu changé, je ne pense pas que les abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans aient diminué, ... malheureusement... Celui qui a commis ce crime doit être jugé...

Écrit par : sylvie | vendredi, 22 janvier 2010

J'ai moi aussi l'âge de me souvenir des années 70. Par hasard, j'en parlais hier avec mon fils, lui racontant qu'un oncle et une tante avaient consultés leurs enfants agés de 6 et 9 ans à propos d'un avortement éventuel qui est finalement devenu leur soeur, que d'autres oncle et tante s'essayaient à "l'amour libre" en fumant la moquette, etc, etc. C'était une époque difficile à décrire maintenant. Ca n'excuse absolument rien mais oui ça explique, et je trouve injuste de sortir les évènements, quels qu'ils soient, de leur contexte. D'accord les années 70, c'était le grand n'importe quoi, mais la tendance au grand retour moral actuel ne me rassure pas trop non plus.
Au cas où ce ne serait pas clair, si je ne suis pas adepte du ton moralisateur ambiant, je précise que je trouve qu'un adulte ne devrait jamais avoir de relations sexuelles avec quelqu'un de 13 ans, jamais.

Écrit par : Cat | vendredi, 22 janvier 2010

Lemon incest: il faut écouter les paroles (l'amour que nous ne ferons pas).

Quant aux images comme celles de Brook Shield, moi, c'est quand j'étais enfant qu'elles me dérangeaient énormément, et encore aujourd'hui...

J'ai horreur d'un certain photographe qui ne cessait de photographier de nombreuses très jeunes filles de façon "romantique" et dont les posters se vendaient très bien!!!!

Écrit par : Le Journal de Chrys | vendredi, 22 janvier 2010

ah! ce débat est passionnant!
La limite entre le bien-pensant et la pensée unique, vaste sujet. Je sais très bien que jamais tu n'as jamais cautionné le viol de fillette, ma Fri', je le sais bien. C'est que, dans ton post, formidablement bien écrit malgré le sujet casse-gueule, on a l'impression que, sous couvert d'"art" ou de "courant de pensée", les choses peuvent paraître moins graves.
Pour Polanski, il faut qu'il se soumette à la justice, même si le procureur qui le poursuit a l'air d'être un acharné de la droite nationaliste ou je ne sais quoi, il ne peut pas échapper à cela, tout intellectuel qu'il puisse être. Il a commis un crime (pour moi, ç'en est un), il doit assumer.
Maintenant, le coup des 70's où on voyait les choses différemment, ne me convainc pas. Je suis née dans les 70's, j'étais trop petite pour me rappeler de quoi que ce soit, mais je n'ai guère le souvenir qu'on trouvait normal des mecs qui se camaient et s'envoyaient des gamines dans les soirées privées...
Lemon incest, moi non plus j'ai jamais aimé, cela dit, ça reste une chanson. Et Orelsan, alors? Il a pu écrire sa merde, ça a créé une polémique, mais il a quand même pu l'écrire sous couvert de "démarche artistique".
JE ne pense pas que notre époque soit si radicale que ça, le gouvernement, peut être, mais faut pas prendre les gens pour des jambons. Il y a encore des personnes (et j'en connais un paquet) qui se battront pour des choses justes qui ne sont pas gagnées (adoption pour les homosexuels, par exemple...), et je trouve que certaines causes avancent bien plus vite que dans les 70's.
Maintenant, toute amateur d'art que je suis, tu me dirais que c'est Leibowitz qui a pris la photo de Brooke, je continuerais à dire que c'est tout sauf de l'art... ;)

Écrit par : benetie | vendredi, 22 janvier 2010

Bon, on va faire simple: j'adore Ultra Orange et Emmanuel, j'aime beaucoup Louis malle et je considère cette photo de brooke comme un coup de poing dans la face.

Sinon, t'avais vu l'expo avec cette photo, plus celle de Lewis Caroll, pareil un peu "tendancieuses" (j'aime pas ce terme, mais j'ai peu d'imagination ce soir), bref des photos toutes troublantes et en même temps qui t'interroges sur le regard que porte la société sur les gosses au fil des décennies.

Écrit par : Océane | vendredi, 22 janvier 2010

Bon, alors, Ultra Orange, le premier, celui avec Emmanuelle Seigner est un excellent album, largement inspiré du velvet underground, et en particulier de Lou Reed .

Chacun , chacune est interpellé par ces photos. C est de l'art ou du cochon?
Peu importe...Autant en emporte le vent...

Écrit par : soffi | vendredi, 22 janvier 2010

J'aime Polansky le cinéaste, le destin tragique de Sharon Tate m'inspire de la compassion pour cet homme, j'admire beaucoup Emmanuelle Seigner, mais évidemment je n'approuve pas les "dérapages" qui ont eut lieu il y a plus de 30 ans ...
Ma Fri, c'est vrai que c'est un sujet casse-gueule....
Aujourd'hui cette image de Brooke Shield ne m'inspire pas grand chose ni dégoût, ni intérêt artistique ou esthétique, plus sociologique, on touche les "codes artistiques" de toute une époque !
Cela dit, quand j'étais gamine dans les 70's et début des 80's il existait une espèce de mode dans la photo, où les enfants étaient souvent poil (aujourd'hui, ça nous ferait sans doute hurler... puritanisme mal placé parfois^^)... non, mais c'est vrai, c'était une vraie manie.... et enfant, ça me mettait super mal à l'aise !

Écrit par : marigaz | vendredi, 22 janvier 2010

Pour ma part, je trouve cette photo de Brooke Shield très choquante. Elle ne l'était peut-être pas à l'époque et je me demande bien pourquoi. Effectivement, c'est un sujet un peu délicat que tu aborde là et tu peux vite choquer sur des mal-entendus. En ce qui concerne Polanski, il a beau avoir du talent et que la fille a retiré sa plainte, il reste un connard !

Écrit par : Kathleen | samedi, 23 janvier 2010

Bel article auquel j'adhère sans réserve. La vie n'est pas faite que de noir et de blanc, toute une gamme de gris vibre entre ces deux couleurs.
Bien à vous.

Eric

Écrit par : ERos | samedi, 23 janvier 2010

Très bon article Frieda, vraiment.
Je ne suis pas d'accord avec toi sur tout le contenu, mais c'est peut-être une question de génération aussi?
Comme tu le soulignes il faut remettre ce fait divers dans son contexte, les années 70, où le rapport au sexe et à la drogue était différent. Mais là où je ne suis pas d'accord c'est quand tu parles de permissivité et de liberté sexuelle, au yeux de la loi ces 2 aspects ne sont pas si différent d'aujourd'hui, Polanski a été condamné à l'époque, c'était "déjà" un crime de droguer une enfant et de la violer. Là où il est pour moi le plus coupable encore, c'est qu'il a profité de sa remise en liberté provisoire et qu'il a fuit le pays pour ne pas poursuivre sa peine. Il se croit donc ou innocent (ce qui est grave, même à cette époque où soit disant on était plus libre) ou au dessus des lois. Et proposer ensuite une indemnisation de plusieurs centaines de milliers d'euros fait de lui, à mes yeux, une véritable ordure. Comme si l'argent allait laver son acte.
Cet homme, peu importe qu'il soit un génie ou qu'il ai fait ça dans les années 70, a violé une enfant et a ensuite fuit ses responsabilité. Pour moi c'est un lâche.

Ceci étant sans parler de l'affaire Polanski, il est vrai qu'aujourd'hui dans notre société occidentale (pas comme au Japon par exemple où les jeunes filles à peine pubères peuvent être traitées comme des objets sexy voir sexuels sans que cela choque vraiment) il y a un espèce de puritanisme qui devient de plus en plus marqué. Le sexe c'est sale et dangereux, c'est mauvais. Je n'encourage ni le porno ni la "sexualisation" des jeunes filles, au contraire, mais je suis pour une liberté et l'arrêt de cette hypocrisie bien pensante qui m'exaspère.

Je ne connaissais pas la photo de Brooke Shield, qui m'a beaucoup choqué. Mais je suis d'accord avec toi, c'est un des aspects de l'art. Et dans le contemporain actuel il y a parfois bien pire que cette photo. Mais je comprend qu'on refuse de l'exposer, même au nom de l'art je ne suis pas sûre qu'à la place du conservateur du musée, j'aurais pris la décision de l'exposer, pour un milliard de raisons différentes, de même qu'il est important de l'exposer pour un autre milliard de raisons, ne serais-ce que d'un point de vu sociologique.

Oops c'était très long, désolée, mais c'est un sujet que je trouve intéressant à débattre.

Écrit par : Foley | samedi, 23 janvier 2010

@Sarah : bon exemple que Gainsbourg, qui illustre toute l'ambiguité du débat. Et le décalage générationnel. Et Gainsbourg n'était permissif en matière de moeurs que si ça concernait les mecs, en l'occurrence lui. Y'a qu'à se souvenir de l'altercation avec Catherine Ringer. Gros macho, le Gainsbarre. Ce qui n'enlève rien à son talent. Sur les enfants, je ne te suis pas forcément. Tout dépend comment est faite la provoc' et par qui, une bonne grosse vanne à la Guillon, ça me gêne pas. Et la sacralisation, fut-ce celle des enfants, je m'en méfie.
@Sylvie : coupables sont aussi ceux qui n'ont rien fait pour le juger avant. Polanski n'était pas en cavale. Et il existe, en matière de justice, la prescription... qui fait que bien des auteurs de crimes sexuels ne seront jamais jugés. Il me semble qu'il ne s'agit pas non plus de faire de Polanski l'arbre qui cache la forêt...
@Cat : une fois de plus nous sommes exactement sur la même ligne. Peut-être générationnel, aussi ?
@Chrys : d'accord sur les paroles, mais Gainsbourg jouait sur l'ambiguité, d'où le malaise dont parle Sarah. Et qui explique sans doute que je n'ai jamais aimé cette chanson, et encore moins le clip.
@Béné : je t'ai répondu dans le post suivant. Je mesure combien notre pas si considérable différence d'âge change tout de même la perception...
@Océane : je n'ai pas vu l'expo de Lewis Caroll, c'est dommage...
@Soffi : et le vent tourne selon l'époque. Et même assez vite, à l'échelle d'une vie.
@Mariga(z) : si casse-gueule que j'ai pris le temps. Moi je me souviens de mômes de 4 ans qui se baladaient à poil entre les tables, j'avais 12-13 ans et ça me dérangeait...
@Kathleen : "connard", c'est très réducteur. Il a failli, oui, mais personne n'est à l'abri...
@Eric/Eros : merci. Et la palette de gris est infinie.
@Foley : il a fui les US, mais ce n'était pas bien difficile de mettre la main dessus, depuis 30 ans. Polanski, c'est quand même pas Mesrine, non plus. Le puritanisme nous rattrape. Je ne regrette pas les émissions de Pivot à tendance complaisance pédophile, mais si c'est pour avoir Secret Story à la place, je vois pas bien le progrès. Puritanisme ascendant voyeurisme, notre époque aussi, sera sans doute jugée sans complaisance, dans 30 ans d'ici.

Écrit par : frieda l'écuyère | samedi, 23 janvier 2010

Bon et bien moi je suis d'accord avec toi, question de génération sûrement. Et je m'étonne que la justice américaine ne respecte pas le souhait de la victime, qui est maintenant une quadra, mère de famille, de cesser de poursuivre Polanski pour cette agression sexuelle. Tout ça sent l'opération politique d'un procureur qui ne peut le poursuivre que pour sa fuite .

Écrit par : Miss Glitzy | samedi, 23 janvier 2010

Oh non on va pas encouager Emmanuelle à commettre un autre album non plus (ni un autre film d'ailleurs!)
Bon, tu connais mon avis sur la cas Polanski, sauf là où Emmanuelle est de mauvaise foi, c'est que sa ligne de défense nous apprend que quelque part, violer une mineure de 13 ans était "toléré", ce qui n'a d'ailleurs pas choqué Emmanelle puisqu'elle s'est marié avec lui.
Et si son mari n'est pas au-dessus des lois, comment est-ce qu'elle explique qu'il est fugitif (c'est d'ailleurs sur ce point préci qu'il risque le plus gros).

Écrit par : M1 | samedi, 23 janvier 2010

@Miss Glitzy : d'autant que la victime a le droit à l'oubli, aussi...
@M1 : nous ne serons pas d'accord, nous n'avons pas la même approche. Entre la gravité des faits et la conscience de la gravité des faits, il y a une marge, j'ai donc une sorte de bénéfice du doute, pour Polanski. Et je ne vois pas ce que ça a à voir avec le fait de l'épouser ou non. Polanski n'est pas un violeur en série, que je sache... Je continue de répondre sur l'autre post.

Écrit par : frieda l'écuyère | samedi, 23 janvier 2010

Merci c est tres interessant ce que tu ecris.
En ce qui concerne le photo de Brooke Shields, cela ne m aurait peut pas (trop) choque il y a 4 ans, mais maintenant que je ne suis maman d une petite fille, j ai carrement du mal a la regarder sans avoir profondement mal aux tripes... Je vais reflechir a cette sensation et tenter de me l expliquer !
Bonne journee :-)

Écrit par : amande | lundi, 25 janvier 2010

"avoir des relations sexuelles avec une fille de 13 ans" ... certes, qui plus est ... si elle n'est pas consentante (et si elle l'avait été, de toutes façons c'est heureusement illégal !) Autrement dit : violer une fille de 13 ans. Ces gens ont tellement l'habitude - grâce à l'argent et à la notoriété - d'avoir bien + de "droits" ou de passe-droits que les autres citoyen-nes, que si ça ne marche pas et qu'on leur résiste, il y a encore le pouvoir des mots pour ré-écrire l'histoire, déjà complètment sordide à la base ! L'art et les artistes, ainsi que la caution historique du 'ça a toujours existé' (des tas de saloperies ont eu lieu dans le passé et on ne s'en glorifie plus heureusement, aujourd'hui) tout ceci a bon dos quand il s'agit tout simplement de détourner les lois (déjà dûrement obtenues) pour laisser libre cours à la domination masculine la plus brutale, et au viol sur mineures ou la prostitution des enfants (l'argent qui lave les mains !).

Écrit par : emelire | lundi, 25 janvier 2010

Le problème avec Polanski, ce n'est pas qu'il soit un "pédophile" mais qu'il soit un violeur. L'age de la victime est une circonstance aggravante, mais quand on lit sa déposition http://www.thesmokinggun.com/archive/polanskib1.html on se rend compte que si la victime avait eu 20 ans, ça n'aurait rien changé à l'ignominie des faits. Je ne sais pas si le contexte plus "libre" des seventies pouvait vraiment porter a croire qu'une fille qui dit non veut en fait dire oui.

Écrit par : thegeekwhisperer | jeudi, 28 janvier 2010

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