jeudi, 07 janvier 2010
La beauté bio est-elle vraiment bio ?

Je ne suis pas une grande cosmétiques addict. A part de temps en temps un peu couleurs de vernis à ongles, c'est pas franchement beauty blog, ici. Cela étant, j'en utilise, des produits, forcément. Et la percée du bio ne manque pas de m'interpeller, notamment lorsque certaine de mes amies blogueuses en dit le plus grand bien. Reste que, malgré diverses certifications, en matière de cosmétiques bio, tout n'est pas forcément aussi simple et aussi clair qu'on le croit. Le point avec Bérengère, qui travaille pour le site de vente en ligne Monguidesanté.
Un produit cosmétique bio, bah, c'est un produit 100 % bio, a-t-on tendance à penser avant de s'y intéresser de près. Or, pas du tout. On en est même très loin. Quelles sont les règles pour obtenir une certification bio ?
La certification d'un produit passe par un organisme type Ecocert. Le produit doit contenir à minima 95 % de produits naturels ou d'origine naturelle. Il faut faire la différence entre le total des ingrédients végétaux et le total du produit fini. Pour être estampillé biologique il faut au minimum 95 % ingrédients végétaux certifiés Bio sur le total des ingrédients végétaux mais au total, un minimum de 10 % d'ingrédient certifiés bio sur le total des ingrédients. Certains doutes persistent : un produit peut indiquer SANS CONSERVATEUR, et en contenir. Il suffit que le produit faisant office de conservateur ne fasse pas partie de la liste officielle des conservateurs. Si la liste officielle contient 400 produits définis comme tels, il existe plus de 1.000 produits ayant les même propriétés mais non encore classifiés comme tels. Donc le produit est bien sans conservateur (de la liste !). De même, certains composant tels que la lécithine de soja, présente dans les crèmes, proviennent de produits qui peuvent être OGM.
Pour détecter la présence d'OGM on utilise des analyses ADN. Or celui ci peut ne pas etre soluble dans le produit utilisé. Il suffit dès lors de retirer les traces d'ADN (filtrage ou autre) pour que le produit fini ne contienne effectivement pas d'OGM.
Donc attention, le bio actuel n'est pas forcément si bio que ca...
Comment le consommateur peut-il parvenir à s'y retrouver, au moment où de plus en plus de marques s'engouffrent (pas forcément avec les meilleures intentions du monde) dans ce marché prometteur ?
Très difficilement comme vu ci dessus. Les labels restent un gage de qualité mais il faut attendre le nouveau label européen pour obtenir une meilleur garantie. Tout le monde l'attend ce label, mais au dernières nouvelles, on n'en verra pas la couleur avant le dernier trimestre 2010 !
11:00 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : beauté, bio, monguidesanté, nuxe, gamarde, sanoflor, green energy
mercredi, 16 décembre 2009
Au fil des mots... Nathalie Lété

Je ne sais même plus quand, pour la première fois, j'ai été accrochée par une création de Nathalie Lété. C'était probablement par l'une de ces sculptures de carton, il y a bien des années, réalisée du temps du duo Mathias et Nathalie.

Je suis allée lui rendre visite la semaine dernière dans son atelier d'Ivry, où elle organise actuellement, jusqu'à samedi, des portes ouvertes.

Extraits d'une - longue - conversation agrémentée d'un thé et du pépiement des oiseaux.

J'ai bien du mal à la définir en un seul mot ! Je ne suis pas qu'illustratrice, même si j'illustre des textes. Je touche à la céramique, pour Astier de Vilatte, au textile, je dispose de toute une palette créative mais ne peux pas en donner de définition. Je juxtapose, je visualise plein de choses, ça part un peu dans tous les sens. Enfant, déjà, je brodais, je tricotais, je bricolais. Je travaille à partir d'un thème et le décline sur toutes sortes de supports toujours un peu dans cet esprit de bricolage. Par exemple, dans le cas de la céramique, je ne suis pas une technicienne !

Tu utilises toujours la peinture, à l'heure de l'ordinateur ?!
Eh oui, je travaille à l'ancienne, à la peinture ! Mes éditeurs, comme la Marelle Editions par exemple, travaillent habituellement à partir de PDF, dans mon cas, ils sont obligés de scanner tous mes originaux... J'ai l'espoir de réunir un jour l'ensemble de mon travail dans un livre. Mais malheureusement, beaucoup de choses se perdent sans que j'aie de photos.
11:51 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, nathalie lété, astier de vilatte, vilac, la marelle
mardi, 17 novembre 2009
Au fil des mots... Serge Lutens

A feuilleter ELLE depuis l'âge le plus tendre, je me souviens, adolescente, avoir été marquée par les pubs des maquillages Shiseido. J'ignorais alors tout du travail de Serge Lutens, à l'exception de ces images de femmes évoquant un univers onirique, femmes fardées reconnaissables entre toutes, femmes signature, toujours différentes et pourtant toujours semblables. Et puis, en 2000, est venue l'ouverture des Salons du Palais Royal Shiseido et le lancement de la marque de parfums à son nom. Je me suis promis de découvrir ces salons (et ces fragrances) à chacun de mes passages à Paris et n'en ai finalement jamais franchi le seuil.
Il m'a fallu attendre l'automne 2008 pour m'offrir mon premier parfum griffé Lutens et succomber aux sirènes de Rousse. Et comprendre, du même coup, que j'avais sombré dans une nouvelle addiction. A l'automne 2009, je n'ai pas su résister au sillage de Five O' Clock au Gingembre...
Je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir les deux dernières créations de Serge Lutens, Filles en Aiguilles et Fourreau noir. Comme les autres fragrances de la marque, elles sont désormais commercialisées en ligne.

Lorsqu'il m'a été proposé de réaliser une interview de Serge Lutens pour mon blog, j'ai su que m'était offerte une chance unique de me mettre à l'écoute d'un anticonformiste surdoué. Même ses communiqués de presse ne ressemblent à rien de ce qui se fait ailleurs.
Je vous laisse savourer ses mots...
- Le nom de vos parfums est déjà en soi une porte ouverte sur l'imaginaire. Je pense par exemple à Fille en Aiguilles ou à Serge Noire, qui, au-delà du clin d'œil à votre prénom, évoque ce tissu dont on faisait des sarraus. Comment choisissez-vous ces noms ? Arrivent-ils en général comme une évidence au moment de la conception même du parfum ? Ou font-ils l'objet d'une réflexion une fois la fragrance composée ?
- Il n'y a pas de recette ni d'habitude dans ce domaine. Cela peut venir d'une réflexion tant littéraire qu'olfactive, d'un jeu de mots, d'un croche-pied... « Fille » aurait pu être « Fil(s) » mais l'hésitation flotta. De façon générale, j'ai toujours peur de trop déterminer un parfum au féminin ou au masculin, le voulant au choix de... L'instant où je décide d'un nom peut relâcher une rage, une fureur, une envolée lyrique, un vol de colombes, un coup de sabre, une haleine d'enfant, un meurtre dans le brouillard. Il n'y a pas de recette, je suis un cuisinier fou !
- Avant d'être un créateur de parfums, vous avez été connu - et reconnu - comme un homme d'images. Diriez-vous que le processus créatif est cependant comparable ? L'image tient-elle une place dans la création d'un parfum, et si oui, de quelle manière ?
- Je pense que je n'ai fait que formuler des images, à travers la photographie bien sûr, le cinéma parfois, et le parfum maintenant ; Autant lorsque je dessine une boîte que lorsque je compose un parfum, point par point, virgule après virgule, je combine les accords pour donner - comme je pourrais le faire si j'écrivais un roman - la phrase la plus précise possible. Formuler une image, c'est décrire visuellement, olfactivement, littérairement, mais dans ces trois cas, cela demeure littéral. Sans image, cette parfumerie n'existerait pas.
12:51 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, parfums, serge lutens, palais royal












